Bureaux partagés et crise sanitaire : le point chez WeForge

« Les bureaux partagés, comme espaces de vie, de rencontres et de business, sont des possibilités qui apportent de la souplesse aux modèles de travail traditionnels, questionnés par la crise. »

Simon Gérard, co-fondateur de WeForge

Depuis mars 2020, le monde économique est bouleversé par la crise sanitaire.

Chez WeForge, entreprises et free-lance s’adaptent – voire se réinventent – pour faire face aux conséquences de la crise, accompagnées plus que jamais par l’équipe de WeForge, ses partenaires métiers et son réseau d’industriels… Mais une chose est certaine : la digitalisation des métiers représentés ici se révèle un véritable atout ! 

Récemment, l’économiste Nicolas Bouzou s’exprimait sur les conséquences du management moderne et les mutations de l’espace de travail. Il y affirmait que « l’espace de travail du futur doit être un mix entre open space, bureaux fermés et télétravail ». Ce propos est aujourd’hui plus que jamais d’actualité avec la crise sanitaire qui transforme en profondeur le rapport au travail. Les espaces de coworking sont eux aussi en mutation et peuvent offrir de véritables alternatives…

Se réinventer pour faire face à la crise sanitaire

Clémentine et Alice de l’équipe Cross Data

« Chez WeForge, comme dans beaucoup d’entreprises, nous avons subi le premier confinement avec beaucoup d’inquiétudes, à la fois bien sûr pour notre modèle économique, mais aussi pour les entreprises que nous hébergeons. Le bilan à la sortie du premier confinement nous a rassurés. Nous avons eu quelques départs, mais la grande majorité des entreprises sont restées. Je pense que cela s’explique pour deux raisons. La première est que les sociétés sont attachées à WeForge, aux relations nouées, au quotidien partagé, au réseau de proximité. L’autre raison est plus économique : 80 % des entreprises de WeForge font des métiers en lien avec le digital, secteur qui a été moins marqué par la crise que les autres. C’est aussi un secteur dans lequel les acteurs sont habitués à l’agilité et sont équipés – techniquement et culturellement -, pour des formes de travail nomades. Certaines de nos entreprises ont vu leurs carnets de commandes se remplir, notamment développeurs et webdesigners avec la création de boutiques en ligne, par exemple. Mais attention tout n’est pas rose, d’autres en lien avec l’événementiel ou le tourisme ont au contraire perdu une grande partie de leur activité », témoigne Simon Gerard, cofondateur de WeForge. Tierra Latina, spécialiste des voyages responsables en Amérique du Sud, a vu son activité se réduire du jour au lendemain.  « Même si l’on sait que les voyages vont reprendre, cette crise bouleverse notre business et a des conséquences graves sur nos partenaires en Amérique du Sud qui n’ont plus de revenus liés au tourisme. On a pris le parti de s’adapter en lançant de nouvelles offres autour du voyage immobile ! Forts de notre expérience de l’Amérique du Sud et des compétences et des savoir-faire de nos partenaires locaux, nous proposons des activités en ligne depuis l’Amérique du Sud (cuisine, salsa, visites guidées…) et avons lancé la Box Latina, sous forme d’abonnement mensuel à une box composée de produits et d’activités 100 % latinos… », résume Arthur Thénot, cofondateur de Tierra Latina.

Chez What the hack, organisateur d’hackathons, « nos indicateurs restent plutôt bons, car nous avons eu la chance de pouvoir organiser un événement et que la majorité de nos événements programmés sont reportés et non annulés. Nous avons profité de ce temps-là pour travailler sur les contenus et nous projeter sur les prochaines dates », témoigne François Gobert, fondateur. Enfin, les 4 et 5 décembre derniers, l’association Do It Angers, qui porte l’organisation du Start-up Week-end Angers, organisait les Do It Days, un événement 100 % en ligne, qui a réuni une cinquantaine de participants et 15 intervenants pour des ateliers et des conférences sur la communication digitale, l’art du pitch, le financement de projet, le marketing ou encore la méthodologie entrepreneuriale.

Autre signe fort : des entreprises se sont installées chez WeForge avec succès entre les deux confinements, comme CallandCom, qui assure le service client de grands noms comme Amazon, grâce à un réseau de 370 agents indépendants en France. D’autres boîtes continuent de recruter, comme Delivagri (livraison de produits agricoles), CodeKraft (direction technique de projets digitaux) ou encore Cross Data (expert en data et IA)… 

« Par ailleurs, le nombre de demandes de domiciliation a beaucoup augmenté, un indicateur qui montre une dynamique de création d’entreprises. »

Maxime Leray, Office Manager de WeForge

Le lien social ou l’importance de la machine à café…

« Finalement, on s’aperçoit que le 2e confinement est plus dur à vivre que le premier pour nos forgerons. Car l’isolement est compliqué sur le long terme. On mesure le caractère vital du lien social. Le QG dans lequel on se retrouve autour de la machine à café, du déjeuner ou l’apéro le soir manque à tous », livre Maxime Leray, Office Manager. « Chez WeForge, on essaie de maintenir ce lien autant qu’on peut, dans le respect des gestes barrière et des protocoles sanitaires. Le lieu est fermé aux personnes extérieures à WeForge. Cependant, les ateliers de nos partenaires (assurances, experts-comptables banques…) sont maintenus, car nos forgerons ont plus que jamais besoin de conseils d’experts pour faire face à la crise, car même si certaines entreprises s’en sortent très bien, la crise est très loin d’avoir un impact neutre. Ils doivent en permanence s’adapter au contexte, aux clients, aux contraintes administratives, tout en maintenant un cap managérial et économique », poursuit-il.

Axel et Gaylord de l’équipe Delivagri

Une sociologie de la demande en évolution…

« Chez WeForge, on assiste à un turn-over beaucoup plus important, et en même temps à nombre de demandes croissantes, notamment de la part de salariés à la recherche d’une alternative entre leur entreprise et la maison. D’autres se lancent en free-lance, sentant que leur boîte ne va pas fort. Par ailleurs, le nombre de demandes de domiciliation a beaucoup augmenté, un indicateur qui montre une dynamique de création d’entreprises », explique Maxime Leray. « Notre rôle d’accompagnateur des entreprises, de conseils au quotidien est aujourd’hui primordial. Depuis plusieurs mois, la demande de nos partenaires industriels a considérablement augmenté. Conscients de la nécessaire digitalisation et de l’importance de l’accélération de l’innovation dans leur entreprise, ils nous sollicitent pour des conseils et des mises en relation. Cette demande est bénéfique pour notre communauté de forgerons qui exerce des métiers au cœur de cet enjeu : développeurs, designers, rédacteurs web, référenceurs, data scientist… Les free-lance se présentent aussi comme une véritable alternative à l’embauche dans ce contexte incertain. De même, que les bureaux partagés, comme espaces de vie, de rencontres et de business, sont des possibilités qui apportent de la souplesse aux modèles de travail traditionnels, questionnés par la crise », conclut Simon Gerard.