Portrait de Laurie Gaborieau, Office Manager de WeForge Cholet

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Les Herbiers, la valeur travail, et l’envie d’ailleurs
Laurie Gaborieau, office manager de WeForge Cholet a grandi aux Herbiers, en Vendée. Une ville ouvrière, industrielle, qui ne fait pas dans l’esbroufe, et qui laisse une empreinte durable sur ceux qui y grandissent. « La valeur principale que ça m’a apportée, c’est la valeur travail. C’est une valeur que je suis contente de véhiculer. » Simple, directe, ancrée. Laurie est comme ça.
Plus jeune, elle voulait être hôtesse de l’air. Voir du pays et rencontrer des gens. L’intuition était bonne, c’est juste le format qui a changé.
Un parcours qui ne ressemble à aucun manuel
Le bac STMG en poche, une forte envie d’ouvrir un bar, et une question sans réponse : que faire après ? Laurie intègre un IUT Technique de Commercialisation à Saint-Nazaire. Elle tient trois mois, déçue par le manque d’accompagnement des enseignants, et décide d’envoyer tout valser.
Elle atterrit dans un domaine viticole en tant qu’ouvrier polyvalent pour une tante qui a besoin de renfort. Six mois dans les vignes puis une révélation sur le tas. Elle creuse la piste, trouve en une semaine une alternance en BTS viticulture et œnologie, et aime ça. Mais en fin de BTS, l’évidence s’impose : « J’aime faire du vin, mais je ne souhaite pas en faire mon métier. »
Elle intègre donc une licence en Marketing des vins à l’ESA, en 2021. Elle cherche une alternance et tombe sur Maxime Leray et David Raimbaud. Après l’entretien qui se passe bien, avec David en visio depuis l’Allemagne et Maxime le dos cassé, elle a une conviction immédiate : « Je veux ce job. » Elle entre chez Vinomusic, une startup viticole hébergée à WeForge Angers Centre, en tant que cheffe de projet opérationnel. Elle enchaîne avec un master Marketing et Communication à MBWay Angers. Pendant ces 3 ans, elle crée des podcasts avec des vignerons, conçoit un jeu de société, gère la communication etc. Elle est partout, à 360 degrés sur l’entreprise.
Et puis Vinomusic s’arrête. Laurie est « en bout de course ». Mais WeForge, elle connaît – elle y travaillait depuis trois ans.

« C’est parti d’une blague à la machine à café »
Un jour, une conversation anodine avec Anaïs, Office Manager WeForge La Roche-sur-Yon. « On ouvre un lieu à Cholet, ça te dirait pas de prendre les rênes ? » Une blague, apparemment. Qui se transforme vite en opportunité. Elle finit par prendre la proposition d’Anaïs au sérieux et après un entretien avec Simon, se lance dans l’aventure.
Laurie suit le chantier de WeForge Cholet. En septembre 2024, le lieu ouvre. Elle est seule à la barre.
« Être lâchée dans le grand bain, avec les enjeux de réseautage et d’assumer une posture propre au métier d’Office Manager, ça m’a forgée. »
Son parcours en une phrase ? Elle ne cherche pas longtemps : « Aléatoire et opportuniste. » Et elle le dit avec le sourire de quelqu’un qui sait que c’est une force, pas une excuse.
La force tranquille qui prend soin de ses forgerons
Laurie se définit comme une facilitatrice. Pas la grande oratrice qui monopolise l’attention, la force tranquille qui crée les conditions pour que les choses se passent bien. « On me dit souvent à la fin d’une visite : “c’est simple et détendu ici’. » C’est exactement ce qu’elle vise.
Elle cuisine des pâtisseries pour les forgerons, organise des apéros, des repas, des moments de convivialité. Elle fait des blagues. Elle expose ses dessins dans les espaces, oui, ses propres œuvres sont accrochées aux murs de WeForge Cholet. Et les plantes vertes qui habillent le lieu ? Les siennes aussi.
Son premier apéro avec les forgerons, en novembre 2024 : Justine, Renald (le tout premier forgeron, toujours là) et un spectacle d’improvisation au bar’ouf qui se termine en vingt minutes de fou rire sur scène. « À mimer des brindilles. » La communauté était lancée.
Sa journée est réussie quand ? « Quand je sens que les forgerons passent une bonne journée. Quand on rigole le midi à table, qu’il y a des sourires. C’est gagné. »

Le réseau, vu comme de la com’
Pour Laurie, construire un réseau, c’est d’abord savoir ce qu’on cherche. Puis s’intéresser aux autres, vraiment. « Faire du réseau, c’est comme faire de la com’ : on est là pour montrer qu’on existe, pour que lorsqu’on a besoin de toi, ils t’appellent en premier. Ça passe par l’humain. Si le contact passe, le gros du travail est fait. »
Ce qui la rend fière ? Voir les entreprises de ses forgerons grandir, recruter, évoluer. Et voir WeForge Cholet s’agrandir, avec une communauté qui prend corps, mois après mois.
Hors des murs de la forge
Le théâtre d’improvisation : logique, pour quelqu’un dont la vie professionnelle ressemble elle-même à une longue scène d’impro réussie. Le dessin. Les plantes. Les bonnes adresses de restaurants. Et un accent québécois qu’elle maîtrise, paraît-il, à la perfection.
Pour déconnecter, son endroit idéal est simple : « Partir de chez moi. » Toujours en mouvement, toujours vers les autres.
Sa bande-son qui la suit depuis toujours : Little Lies de Fleetwood Mac, pour le plaisir de la mélodie.
La forge, vue par Laurie
« Je peux être l’enclume où tout le monde tape et ça réunit tout le monde. »
Son mantra ? Une réplique des Bronzés, signée Michel Blanc : « On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher. »
L’étincelle qu’elle cherche à créer chez les autres : le rire. Toujours le rire.








